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Feu vert pour le projet de verdissement

Verdir un réseau de chauffage urbain comme celui de La Défense, c’est tout d’abord faire face à de nombreuses exigences liées à la densité urbaine, à l’acheminement des ressources, à la forte demande d’énergie et aux coûts, etc. Exigences auxquelles répond la solution retenue par GENERIA qui consiste à remplacer le gaz et le fioul par un combustible inédit, les agropellets. À l’étude depuis 2018, ce projet de verdissement, qui permettra au réseau d’Enertherm de franchir le cap des 50 % d’ENR, a reçu le feu vert des pouvoirs publics le 11 décembre 2020. Les travaux devraient donc démarrer dès janvier 2021 pour une mise en service au 1er trimestre 2022. Retour sur les principales étapes qui ont conduit à ce succès.

  • 2018 – 2019 : Après avoir écarté la piste de la géothermie et celle d’une nouvelle centrale en périphérie, GENERIA et Enertherm lancent des études préalables pour valider la solution des agropellets.
  • Décembre 2019 : Des tests grandeur nature sont menés avec succès en Finlande.
  • 5 Mars 2020 : Enertherm dépose une demande d’autorisation d’exploitation à la Préfecture de la région Ile de France.
  • 23 Juin 2020 : La Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie (DRIEE) émet un avis favorable.
  • 21 Septembre 2020 au 23 Octobre 2020 : Les parties prenantes du projet sont invitées à se prononcer via une enquête publique en Mairie de Courbevoie.
  • 26 Octobre 2020 : le commissaire enquêteur remet son procès-verbal à Enertherm avec 12 observations du public et 3 demandes d’informations complémentaires.
  • 9 Novembre 2020 : Enertherm remet ses réponses. Il explique pourquoi la recours à la géothermie a été écarté, quels enseignements ont été tirés de l’explosion de 1994, quelles solutions seront mise en place pour garantir la qualité de l’air et réduire la pollution sonore comme la pollution visuelle et, enfin comment se fera l’approvisionnement en agropellets.
  • 24 Novembre 2020 : le commissaire enquêteur rend un avis favorable.
  • 17 Décembre 2020 : Le préfet donne à Enertherm l’autorisation d’exploiter, après avis du Conseil Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques (CODERST).
  • Janvier 2021 : les travaux démarrent (prévision).
  • 1er trimestre 2022 : Les chaudières aux agropellets sont mises en service (prévision).

Un investissement de plus de 20 millions €

Au total, plus de 20 millions € seront débloqués pour mener à bien ce projet de verdissement, dont 6 millions € financés par GENERIA et 4 millions € demandés au Fonds chaleur de l’ADEME. 10 millions € resteraient à la charge d’Enertherm, moyennant un prolongement de sa concession jusqu’en 2032.
Favorable au projet depuis 2019, l’ADEME a demandé des informations complémentaires auxquelles GENERIA avec son concessionnaire Enertherm a répondu en déposant une nouvelle demande complète en juillet 2020. L’instruction devrait être finalisée début 2021.

Les agropellets, un triple bénéfice pour La Défense comme pour la planète

En brûlant des agropellets plutôt que du fioul lourd ou du gaz, le futur réseau d’Enertherm apporte un triple bénéfice à La Défense comme à la planète.

Sur le plan environnemental, il passera de 36 % à 64 % d’énergies renouvelables et il émettra, dès 2022, 80 g de CO2 / KWh, contre 200 g aujourd’hui, soit 30 000 tonnes de CO2 en moins chaque année. Sans oublier les gains de CO2 liés au transport, puisque les agro-pellets pourront être acheminés jusqu’à La Défense en train, contrairement au fioul qui l’est aujourd’hui par camions, pour des raisons de sécurité. Les agro-pellets sont en effet aussi plus sûrs que le fioul lourd car ils brûlent mais n’explosent pas. Ils seront par ailleurs stockés dans une seule cuve au lieu de trois, ce qui diminuera aussi la zone de danger.

Sur le plan économique, la naissance d’une filière d’agropellets va créer une quarantaine d’emplois non délocalisables. Enertherm s’est engagé à faire venir ses agropellets de Normandie, des Hauts-de-France et d’Ile-de-France, dans un rayon de 150 km autour de La Défense. C’est là que les déchets agricoles seront collectés et les agro-pellets fabriqués sur place, dans une logique d’économie circulaire. Les agriculteurs et la filière agro-alimentaire pourront ainsi optimiser leurs déchets agricoles. Une fois consumés les agropellets retourneront à la terre sous forme de cendre.

Sur le plan social, enfin les agropellets permettront aux ménages de baisser leur facture de chauffage de 70 € par an.

Pour l’instant confidentielle, avec 20 000 tonnes d’agro-pellets par an, la filière a du potentiel puisque GENERIA à lui seul devrait consommer jusqu’à 35 000 tonnes par an. Sans compter que d’autres acteurs s’y intéressent pour remplacer leurs pellets de bois nord-américains. Le développement de la filière agropellets pourrait ainsi créer une cinquantaine d’emplois en France.

En donnant leur feu vert à cette innovation, les pouvoirs publics ont reconnu ses nombreux bienfaits. Ils ont validé que cette solution était à la fois viable sur le plan énergétique, sûre pour les habitants et respectueuse pour l’environnement.

2Une solution inédite pour demain